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De l’amitié. Une visite à mon ami Montaigne

Musique d’accompagnement: Breathe me de Sia (Chanson thème de la finale de la série Six pieds sous terre)

Il y a quelques années, une amie m’avait donné un petit classique : «De l’amitié» de Michel de Montaigne. Vous connaissez surement la fameuse citation : « Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : parce que c’était lui, parce que c’était moi. »

Il est vrai que l’amitié n’a pas besoin d’explication du pourquoi, du comment. Un lien qui se tisse souvent naturellement, se solidifie avec les années et peut durer toute une vie. J’aime éperdument mes amis, comme dans cette chanson de Sia, ils me redonnent le souffle, sans eux, j’étouffe.

Mais il est aussi vrai que les frontières de l’amitié homme-femme, sont souvent mal délimitées, contestées, détestées ou tolérées. Une attirance évolue parfois en amitié, par renoncement à l’amour. Pour garder un ami, on se fait violence, en enterrant un sentiment amoureux. À force de volonté, on bâtit parfois, sur des rêves écroulés, une amitié réelle, solide comme une cathédrale miraculeuse.

L’ami demeure au fil de nos amours et lorsqu’un amour se meurt, on espère, parfois, en garder l’amitié. L’amitié pour l’éternité, l’amour…risqué. Il nous arrive même parfois, de mêler tout ça, en devenant amis/amants/, une relation à priori, réconfortante, avant qu’elle ne se transforme en statut «C’est compliqué» de Facebook.

L’amie passionnée, celle à qui on peut tout confier, se retrouve souvent, cantonnée dans le rôle de la maîtresse, libre et divertissante à l’opposé de l’épouse, crainte et aimée. Une maîtresse sans aucune épouse rivale, un simple accomodement raisonnable, hors du modèle traditionnel du couple. «Ça ne fait pas des enfants forts» comme dit si bien ma mère, dont je salue d’autant plus la sagesse que la mienne qui tarde à se manifester.

À une autre époque, les maîtresses intelligentes et bien nées, pouvaient même régner en douce sur la France. On pense aux favorites des rois de France, Madame de Pompadour, Madame de Maintenon, Madame Du Barry.
Maintenant que le mariage, du moins en Occident, est un libre choix et non une alliance imposée, les relations extra-conjugales des politiciens ne sont plus tolérées. On doute fort que Monica Lewinsky parlait beaucoup de politique avec Bill Clinton.

Je ne fais aucunement l’apologie de ces relations qui se terminent trop souvent, en regrettant à la fois l’ami et l’amoureux. Je ne suis pas digne de Montaigne mais je dois avouer que les voies de l’amitié sont parfois aussi impénétrables que celles de l’amour. Au milieu de mes frasques amoureuses, mes amis étaient là, ils sont toujours là, je ne peux pas espérer mieux. Cette chanson «Breathe me» de Sia, qui clôt la série de Six pieds sous terre, me rappelle aussi qu’à la mort de mon père, lorsque je me suis levée pour parler devant tout le monde à l’église, c’était la première fois que je voyais tant amis réunis devant moi, j’ai respiré un bon coup.

Help! I have done it again
I have been here many times before
Hurt myself again today
And, the worst part is there’s no-one else to blame
Be my friend…

(Breathe me – Sia)

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06 2010

L’art de “caller” la femelle

Pour la musique, je ne vous sers pas du Barry White, mais des poèmes de Leonard Cohen. Commencez avec The hypnotist et pour faire durer le plaisir, enchaînez avec A thousand kisses deep.

La semaine dernière, j’avais promis de poursuivre mes recherches sur les hormones affriolantes en me penchant sur le rôle de la voix sur la séduction. 
Vous êtes-vous déjà demandés pourquoi certaines voix nous charment et d’autres nous font fuir? Pourquoi les accents latins sont si…comment dire….grrrrrrrrr?

Les scientifiques ont fait quelques progrès pour déchiffrer nos sons de mammifères. Ils ont découvert, entre autres, que les voix féminines seraient plus sexy en période d’ovulation. Un piège sonore subtil afin que ces messieurs n’y entendent que du feu.

D’autres études affirment que les gens possédant une voix attrayante seraient souvent physiquement séduisants. Toutefois, le bon sens vous dictera de ne jamais vous laisser séduire au téléphone car la voix peut-être extrêmement trompeuse. Vous pouvez, par exemple, entendre Antonio Banderas, et vous retrouver avec un chat botté. 


En fait, je doute fort de toute étude auditive réalisée aux États-Unis où mon oreille sensible a souffert le martyre. Outre le fait qu’ils parlent tous plus fort que leur voisin et n’écoutent personne, l’insupportable ton nasillard féminin est une véritable arme de torture auditive de la Défense américaine. Il m’est parfois venu à l’esprit de me pointer à une table de “filles hurlantes au nez bouchés” pour leur dire:

Aye les filles, je peux vous montrer gratuitement comment “pogner” comme une Française. Leçon numéro 1: Gardez vos décibels au plafond pour la chambre à coucher. À moins que vous tentiez de battre l’inoubliable séquence de “When Harry met Sally” et devenir une vedette instantanée de Youtube?

C’est peut-être une autre preuve scientifique que le cerveau masculin se concentre plus sur le visuel que tout autre information sensorielle. Chose certaine, mon cerveau est certifié 100% féminin puisqu’il m’est impossible de faire abstraction de la voix. (Pour en savoir plus voir: Les secrets du cerveau féminin et The Male brain: more complex than you think)

Mais rassurez-vous messieurs, vous n’avez pas à devenir un Barry White latino pour séduire les dames. Je me souviens encore du tremblement dans la voix d’un vieil amour lorsqu’il m’a courageusement abordé pour la première fois. La science ne pourra jamais déchiffrer notre attachement à une voix, il y a trop de variables: les intonations, les finales de phrases, le rire, les hésitations, l’accent (québécois ou autre pour ceux qui osent douter de mon patriotisme).

Pour en finir avec les hormones, voici deux articles stupéfiants parus la semaine dernière. Le premier annonce le décodage des émotions dans la voix par un ordinateur. J’imagine tout de suite la la conversation avec le système automatique de Bell.

- Je suis désolé, je n’ai pas compris votre requête
- Service clientèle
- Je suis désolé, je n’ai pas compris votre requête
- S E R V I C E C L I E N T E L E
- Je suis désolé, je n’ai pas compris votre requête
- Un humain SVP?
- Je suis désolé, je n’ai pas compris votre requête
- TABARNAK DE MACHINE À MARDE
- Je sens de la colère dans votre voix. Est-ce exact? Si oui, sélectionnez le 1, si non demeurez en ligne.

Le deuxième article est consacré à une étude qui stipule que cinq minutes seul avec une jolie fille augmente le taux de cortisol, l’hormone du stress. Attention aux gros mots du titre : les belles filles sont DANGEREUSES pour vous messieurs!

J’ai un cas clinique à leur soumettre: Hugh Heftner. Le propriétaire de Playboy est encore bien portant à 84 ans. Est-ce parce qu’il est rarement avec une seule jolie fille mais plutôt avec plusieurs? Ils ont essayé de mettre un homme seul avec trois pitounes? Ouais ben, cette étude qui a fait le tour du Web n’aide vraiment pas la cause des Québécoises pas trop moches qui s’évertuent à entendre l’imperceptible “call” du mâle.

I heard of a man who says words so beautifully that if he only speaks their names, women gives themselves to him (Cohen)

12

05 2010

Les hormones affriolantes s’affolent

Pour l’accompagnement musical, je vous ressors un vieux tube des années ’80: She blinded me with science de Thomas Dolby.

Depuis quelques années, les recherches sur la science de l’amour évoluent rapidement. Les scientifiques essaient, entre autres, de mieux comprendre la mécanique chimique guidant nos choix de partenaires. Vulgairement : pourquoi le plus évolué des mammifères regresse-t-il à l’état de primate devant certains spécimens de son espèce? Les compagnies pharmaceutiques pourraient-elles contribuer à contrôler un peu la bête en développant des doses stimulantes ou calmantes? (à verser subtilement dans son café le matin.)

Je vous épargne les explications détaillées de toutes les hormones qui entrent dans le jeu de l’attirance sexuelle et l’attachement (vous pouvez en avoir un aperçu sur Doctissimo)
Toutefois, pour ceux qui l’ignorent, l’une des amphétamines de l’amour, la phényléthylamine, est également présente, en petite quantité, dans le chocolat. Bien entendu, les Américains ont sauté sur l’occasion pour mettre en vente un remède au chocolat visant non seulement à ranimer la flamme dans votre couple mais aussi la perte de poids!

De toute évidence, il vaut mieux gober un placebo plutôt que de se laisser aller à orgasme gustatif de chocolat noir accompagné de vin rouge…Ma foi, ils sont fous ces Américains!



Ayant enfin trouvé une explication plausible à mon obsession pour le chocolat noir, je ne voyais toutefois pas encore l’application pratique de ces découvertes dans mon quotidien.
Puis, il y a quelques semaines, les résultats d’une étude de chercheurs montréalais expliquent en partie, la rapidité du phénomène de l’attirance sexuelle, le fameux sentiment de «coup de foudre». On disait justement que la chimie passe ou ne passe pas, nous tenons presque la preuve d’un bouton “ON/OFF”.

Mon père, aux prises avec une adolescente en santé, m’a souvent dit: «Méfie-toi des coups de foudre, c’est mauvais pour toi.»

«Oui mais papa, il reste une infime possibilité statistique que le mâle qui neutralise mon intelligence en dix minutes, ne soit pas un carencé d’hormone d’attachement? Et puis, en vieillissant, j’ose croire que mon instinct de survie prendra les dessus sur une chimie auto-destructrice?»

On administre du Ritalin aux petits, donnera-t-on une pilule pour ralentir le commutateur des adolescents (ainsi que les adultes hyperactifs du commutateur)?


Que voulez-vous, le printemps est la meilleure saison pour étudier les mammifères en rut. 


D’ailleurs, un autre volet de ces recherches me fascine: l’effet de la voix (ou du cri animal) sur la séduction. J’observe quelques écureuils et je vous en reparle bientôt.

04

05 2010

Inutile de vous marier : louez une robe et valsez

À lire en écoutant Le beau Danube bleu de Johann Strauss sur des images de 2001 l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick.

J’hésitais à vous servir religieusement des éphémérides de peur de manquer un événement important si je suis détenue au poste de police ou endormie dans un parc.

Voici tout de même en vrac, quelques manchettes de la semaine dernière:
Il y a eu la fondation de Rome, la découverte de l’Australie par Cook et l’arrivée de Cabral au Brésil. Côté naissance, de beaux bébés bien sages ont vu le jour: Adolf Hitler, Napoléon III et Duplessis sont tous nés le 20 avril. Mesdames, si vous êtes un tantinet superstitieuses, retenez-vous d’accoucher jusqu’au 21 avril ou mieux encore, tenez jusqu’au 23, date de la naissance et de la mort du grand William Shakespeare. Ce génie avait décidemment un sens inné de la finale.

Parmi tous les drames de la semaine, un heureux événement m’a replongé dans le romantisme de mon enfance. Élisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach, dite Sissi, a épousé l’empereur François-Joseph Ier, le 24 avril 1854 à Vienne, en Autriche.

Les mecs ont probablement cessé de me lire à la dernière ligne mais je vous le jure les gars, tout indice pour mieux comprendre votre princesse peut vous être fort utile.
Pendant que vous regardiez Goldorak ou la lutte du dimanche matin (j’avais un grand frère qui testait la prise du sommeil sur moi et je ne me suis toujours pas réveillée), pendant que vous stimuliez votre masculinité à coup de violence infantile, dis-je, les filles se tapaient des histoires à se trancher les veines. À mon souvenir, c’est Candy qui remporte la palme du désespoir. Je vois encore la grosse larme accrochée à ses gigantesques yeux de manga. Quelqu’un se souvient pourquoi elle pleurait tout le temps? Rien de grave j’espère? Selon le générique de début : «Elle rêve et elle imagine tous les soirs en s’endormant que le tout petit prince des collines vient lui parler doucement.» Bon d’accord, passons.. De toute manière, ce n’est pas Candy qui m’a le plus fait brailler mais la mort du chien dans la Guerre des tuques et…la belle Sissi.

Le fait est qu’Élisabeth Amélie Eugénie, brillamment personnifiée par Romy Schneider dans la triologie des années ’50, est l’achétype de la pétillante femme-enfant, libre d’esprit, rebelle, sensible et ultra émotive. Déjà bien équipée pour souffrir, elle vivait à l’époque du romantisme, au milieu d’un décor romantique, entourée d’une belle-mère contrôlante et d’un mari infidèle. Dans son journal personnel, on peut lire son désespoir de n’avoir aucun narcotique pour la soulager
«Aucune autre âme ne m’a jamais comprise.»
«J’erre sur cette terre en solitaire» (notez que ça ne rimait pas en allemand mais tant qu’à traduire, aussi bien s’appliquer un peu). Sissi est morte à 61 ans, poignardée par un anarchiste et sa dernière phrase fut: ««Que m’est-il arrivé?» (ce qui dans un film américain serait traduit par What the F…&#$%?!)

Au fil des années, de nos gauches amours adolescentes à nos maladroites amours adultes, certaines d’entre nous deviennent de moins en moins princesses et de plus en plus belles-mères. Mais peu importe que l’on soit du type à régenter le château ou qu’il reste trop de Sissi en nous, un fait quasi universel demeure : nous rêvons toutes de porter la robe longue et d’attirer tous les regards sur le plancher de danse. Ah mais mesdames, qu’on se le dise, il n’est absolument pas nécessaire de vous marier pour ça! Il suffit de louer une robe de Sissi, mettre des fleurs dans vos cheveux, vous envoler pour Vienne et poser coquettement devant tous les monuments comme cette brave demoiselle:
Mein Tag als Sisi/Sissi/Elisabeth in Wien (Traduction: Ma journée à Vienne en Sissi)

On se repart la valse un petit coup? Toujours au rythme de Strauss, voici ce à quoi ressemblait la vraie Sissi

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04 2010