Testeuse-cascadeuse de IMachins
Question de vous rappeler l’an 2019 tel qu’imaginé dans le film Blade Runner (1982), revoici la bande annonce sur la musique de Vangelis.
Dans un article récent Times «10 ideas for the next 10 years», Michael Lind démontrait, fort justement, que nous vivons dans une ère de stagnation technologique. Il notait, entre autres, que la combinaison d’un téléphone avec de la vidéo et un clavier n’a rien de bien excitant en comparaison avec le premier téléphone ou poste de télévision. Le plus scandaleux est bien entendu notre retard au niveau énergétique: l’automobile tient la tête de liste mais aussi le système de propulsion des avions qui date de 1930.
Bercée par la science fiction durant mon enfance, je suis très déçue qu’on ne se téléporte pas encore et que les autos ne volent pas (ça m’éviterait de tourner 30 minutes pour trouver du stationnement les jours de lavage de rue sur le Plateau.) Je m’attendais aussi à parler une langue internationale mélangeant le chinois et l’anglais comme dans Blade Runner. Mais la preuve la plus flagrante que nous ne sommes pas très évolués en 2010, c’est qu’on n’a toujours pas réglé le problème des éternelles files d’attentes aux toilettes des filles. Et que dire ces foutus loquets qui sont toujours brisés? Non mais pourquoi personne ne se penche sur ce grave problème de temps perdu à attendre devant les bécosses?
Nous sommes en mai 2010 et tout le monde s’excite le poil des jambes pour l’Ipad, la nouvelle tablette électronique de Apple. Certains vendraient leur mère en échange de l’objet sacré disponible en nombre limité. Dans un article de l’excellent The Onion, on se moque des «early adopters» en imaginant le Ipad émettant la phrase : «Aye, est-ce que ce gars à un Ipad?» à toutes les 8 minutes. On a d’ailleurs récemment lancé un réseau de rencontre entre adeptes d’Apple…c’est une question de statut social.
Ceci-dit, il ne fait aucun doute que je veux un Ipad “moissi, moissi, moissi”. Par contre, j’aimerais qu’ils préparent un modèle pour enfant, solide comme du Fisher Price. C’est que je suis victime d’une malédiction pour les Imachins: j’ai fermé la portière de ma voiture sur mon iPod qui est mort plié en deux et j’ai échappé mon iPhone tout neuf de mon balcon du troisième étage (malgré sa capote de cuir, il est atterri sur un coin mal protégé). Je prie tous les soirs pour éloigner les mauvais esprits de mon MacBook.
Heureusement l’arrivée du Ipad ne tuera pas le papier. Constamment branchée en semaine, je profite des week-end pour me tacher les doigts sur les journaux en dévorant des articles au complet plutôt que la lecture en diagonale sur le Web.
Et tant qu’à vous confier mes plaisirs anachroniques, un de mes fantasme ultime, c’est l’odeur des vieux livres, ce doux parfum de pourriture. Au cours de ma maîtrise en histoire, j’ai eu la chance de consulter des documents aux Archives nationales à Paris. Après avoir enfilé des gants de chirurgie, j’ai probablement passé plus de temps à humer les pages et tourner amoureusement les pages qu’à lire le vieux volume.
Je pourrais certainement assouvir mes désirs en collectionnant de vieux bouquins mais tout mon budget passe dans les IMachins, et surtout dans la plus diabolique de tous, la boutique Itunes.



