Un logiciel anti-bêtise
Musique de fond : La nuit je mens de Alain Bashung.
Avertissement pour mes amies et ma mère, ce billet est anachronique, ce qui ne veut donc pas dire que j’ai fait une bêtise cette semaine. C’est plus l’histoire de ma vingtaine, euh… et un peu du début trentaine, mais j’ai évolué! Maintenant lorsque je fais un peu trop la fête, j’évite d’ouvrir mon ordinateur en arrivant à la maison.
Quelqu’un, je ne me souviens plus qui, m’a dit qu’on avait mis au point une application de protection afin de retenir nos courriels compulsifs. Une invention qui serait fort utile pour bloquer les malheureux messages envoyés à votre ex en pleine nuit.
Êtes-vous bien certain de vouloir envoyer ce message à (‘name’) ?
Avertissement: la dernière fois, vous l’aviez regretté le lendemain,
Est ce que (‘name’) a vraiment besoin de recevoir ce message? (if true=false)
Combien de verres avez-vous bu?
Erreur: La touche “envoyer” est verrouillée
Erreur: La touche “envoyer” est verrouillée
Erreur: N’essayez pas, nous n’arriverez pas à me désactiver
Attention: Votre système s’éteindra d’ici 2 secondes.
Allez donc vous coucher, espèce d’ivrogne
Je n’ai pas retrouvé cette application mais elle aurait surement dompté certaines compulsions nocturnes. J’ai souvent envié l’époque où il fallait confier nos lettres à un messager qui se rendait à rythme de cheval. Il restait encore un espoir de retrouver la raison:
Trouvez moi le cavalier le plus rapide du royaume pour rattraper le messager, il ne doit pas livrer ce message mort ou vif.
Quoi vous l’avez confié à un pigeon? Je déclare la chasse est ouverte en direction ouest!
De nos jours, vous me direz qu’il existe la fonction “rappel de courriel” dans Outlook. Non mais sérieusement, quelle invention tordue! Avez-vous déjà reçu des messages avec la mention «Madame Dupont veut rappeler le message précédent» Assurément, si vous n’aviez pas lu le message précédent, vous le lirez immédiatement en cherchant l’erreur.
Sans aucun doute la fonction “rappel” est presque aussi dangereuse que le «Répondre à tous». Qui d’entre nous n’a pas un souvenir honteux d’un malencontreux “Réponse à tous” ou l’envoi à une grosse liste plutôt qu’au destinataire unique?
La pire histoire que l’on m’a raconté, c’est celle d’une nouvelle employée qui avait envoyé un courriel à toute l’entreprise dans lequel elle dénonçait (avec de gros mots) les aventures intra-entreprises d’une collègue. En réalisant son erreur, la pauvre fille est allée se cacher dans les toilettes pendant trois heures. (j’aurais quant à moi, attendu que tout le monde ait quitté le bureau avant de ressortir)
Étonnamment, malgré mon palmarès de gaffes notoires, il m’est arrivé qu’une seule fois de répondre par erreur à une liste d’environ 300 collègues à travers la planète. Je raffolais d’un “Product Manager international”, grand amateur d’Indie Rock tout comme moi. Répondant à un de ses courriels à tous, je posais une question de boulot pertinente et je terminais le courriel en tentant de l’attirer à Montréal par un “line-up” alléchant de festival. J’ai voulu m’effacer de la surface du globe pendant quelques minutes avant de me rappeler que personne n’a le temps de lire entre les lignes, même pas lui! Mais imaginez un peu la honte si j’avais envoyé un message: ML would like to recall the previous message.
Et le monsieur? J’ai bel et bien réussi à trouver une occasion pour lui faire visiter Montréal. Au fil des années, nous sommes devenus de vieux rockers inséparables… en solo.
«La nuit, je mens, je prends des trains à travers la plaine»
«La nuit, je mens, et effrontément… »



